Pourquoi la sophrologie et la sophrothérapie dans l’accompagnement des TCA ?
La sophrologie est une méthode psychocorporelle, qui place le corps au centre de sa méthode afin de laisser au fur et mesure de l’accompagnement se dessiner une harmonie entre le corps et l’esprit.
La sophrologie peut apporter un apaisement du corps et de l’esprit qui sont les bienvenus dans le quotidien souvent dur et violent d’une personne vivant avec un TCA.
La sophrologie permet de re créer ainsi de la connexion avec soi dans un cadre sécurisant. La confiance et la relation entre mon client et moi sont des éléments important pour assurer la qualité dans l’accompagnement.
Passer par le corps est un point essentiel pour se libérer des TCA. C’est pour certain apprendre ou réapprendre à percevoir des sensations, à laisser ouvrir la porte des émotions, sans crainte. Dans le cas de l’anorexie par exemple, ou la personne se coupe de ses ressentis, je m’adapte au début différemment en utilisant une autre approche, une autre intentionnalité. Il est important de ne pas être dans la course des sensations, si elles ont été coupées, c’est pour une bonne raison ! L’idée étant de ne pas se heurter au trouble alimentaire et aux stratégies mis en place. Si on va dès le début dans le sens inverse de l’anorexie ou de la boulimie et ses symptômes, c’est un grand mur qui nous attend…ça va se fermer directement. Le corps sera nous le dire ! On vit là encore dans l’expérience phénoménologique (se referrer à mon ancien article). On laisse vivre ce qui est présent, on suspend nos jugements, on revient à l’essentiel, à l’essence du phénomène.
C’est à travers la répétition des séances, l’alliance thérapeutique, et la confiance dans le corps qui se laisse voir que les sensations vont petit à petit se laisser montrer et ressentir.
La sophrologie trouve ainsi sa place à coté des autres disciplines impliquées dans les prises en charge des TCA, à travers l’illustration de ces simples questions : C’est comment dans votre corps à cet instant ? Quand vous me dites ça, qu’est-ce que vous ressentez ici et maintenant ? Comment ça se manifeste en vous ?
La sophrologie permet ainsi à la personne de porter un autre regard sur ce qu’elle vit, ou les sensations se font ressentir en moi ? de quelle manière ? à quelle intensité ? sont-elles confortables ou inconfortables ? Comment est-ce que je les accueille ? De quelle manière s’estompent-t-elle ou restent elles en moi?
On revient ainsi à la chose en elle-même, en mettant entre parenthèse ce qui peut parasiter notre existence simplement dans la manifestation de ce que l’on vit. Et c’est petit à petit ce regard qui va transformer notre manière de réagir, d’accueillir, d’avoir moins peur du corps et de ce qui se vit à l’intérieur de lui. On devient le propre sujet de son corps, il n’est plus un objet, vu de l’extérieur. On l’habite et on l’incarne. L’ état de conscience modifiée change nos perceptions. Il permet de mieux percevoir et intégrer les sensations corporelles en étant perçues plus finement.
Que ce soit via l’accompagnement des TCA ou tout autre accompagnement, en tant que sophrologue je suis là, présente, pour accompagner la personne, en faisant ce chemin ensemble.
La sophrologie permet de percevoir ainsi « de plus près » les mécanismes et les stratégies du TCA mises en place. Nos sens et notre observateur intérieur abordés en séance, font le fruit d’une autre expérience dans le quotidien de la personne. On peut aussi porter un autre regard sur le monde qui nous entoure. Le patient devient de plus en plus autonome sur ses fonctionnements. Il va prendre conscience de ses ressources qui vont être des leviers importants pour sa guérison.
Le trouble alimentaire est un symptôme. Il n’est en aucun cas question d’un problème d’alimentation à la base. La souffrance intérieure se manifeste à travers l’alimentation. Ainsi j’utilise la sophrothérapie pour aller rencontrer ce qui se cache derrière le trouble alimentaire. Comme l’arbre qui cache une foret. Il s’agit de rencontrer des parts de nous souvent blessées du passé. A ce moment-là, la personne a déjà entamé un long travail en amont, les bases sont posées. Ce qui ressortira de nos séances, pourra et devrait être abordé avec le psy. C’est ainsi qu’on avance mieux à travers la pluridisciplinarité. La sophrothérapie permet ainsi d’aller encore plus en profondeur que la sophrologie. On touche à ce qui relève de l’inconscient et ce qui est prêt à être vu et rencontrer sous un nouveau jour, car oui, cette fois-ci on laisse vivre l’expérience en ayant les pieds et le corps bien ancrés dans le présent. On est accompagné et soutenu. Certaines fois, des protections sont encore trop fortes et cela nous indique que c’est trop tôt, que le corps, l’esprit, l’inconscient n’est pas encore prêt à regarder, observer, vivre ce qui est peut-être blessé et sensible. Il y a donc encore des séances à mener avant de retourner dans nos contenus intérieurs. Le corps est fabuleux, il a mis en place des stratégies de protection et de défense qui ont leur rôle et il faut savoir les écouter. L’adaptation ici de la pratique est donc très importante. Il s’agit de prendre le temps de réconcilier et d’apaiser ce qui est sensible et souffrant. Ce n’est qu’en intégrant ces rencontres, ces parts de nous, qu’on peut laisser place à la libération du trouble alimentaire. La sophrologie et la sophrothérapie ne sont donc en rien une pratique d’urgence, on avance en prenant le temps. Le temps de la personne, le temps qu’elle vive, le temps qu’elle digère, le temps qu’elle intègre, le temps nécessaire pour revenir à soi.